AZIANDZIPE Kodjovi, un boulanger contre vents et marées
Il n’y a pas de sot métier dit le dicton. On peut même continuer pour préciser qu’il n’y a pas de métier destiné à un genre plutôt qu’à un autre. AZIANDZIPE Kodjovi, ce jeune togolais l’a compris, à ses dépens d’ailleurs. L’échec de sa première entreprise d’élevage de poules pondeuses et de commercialisation d’œufs aurait pu mettre à mal son ambition, mais tel ne fut pas le cas. Aujourd’hui, à 30 ans, il est responsable de la boulangerie artisanale « Hansel Brot ».
Un détour au quartier Agoè nous a conduits dans les locaux du jeune « faiseur de pain ». L’activité est matinale. Il est 8h et la concession qui abrite les installations de production est déjà remplie d’une bonne odeur de pâte fumée qui attise votre envie de prendre un bon petit déjeuner. Entre 2 tours auprès du dôme en terre cuite faite (argile rouge) qui sert de four pour la cuisson des boules de pâte à pain, M. AZIANDZIPE accepte nous en dire davantage sur son parcours.
- Devenir un boulanger n’est pas un choix fortuit, qu’est-ce qui vous y a motivé ?
Nombreux sont les jeunes diplômés qui après leur formation cherchent en vain du travail. Ils se lancent, certains dans l’enseignement d’autres se font enrôler dans l’armée et d’autres encore se lancent dans l’immigration. C’est afin d’échapper à ce cercle vicieux qu’au cours de mon parcours universitaire j’ai été animé par ce désir de créer ma propre entreprise. Et c’est ce que j’ai fait en 2015 créant cette unité de production de pain. Après les démarches de formalisation de notre entreprise auprès du CFE, nous avons effectivement débuté l’activités en octobre 2016. Nous nous sommes spécialisés dans la production et la vente de pain, croissants, biscuits et cakes.

- Vos débuts ne sont surement pas du gâteau comme vous en faites aujourd’hui. Qu’en est-il?
L’idée de créer cette fabrique de pain, est née en 2013. En effet, avant de m’y lancer, j’étais un éleveur de poules pondeuses. Mais, l’année 2013 a été marquée par une mévente ainsi j’étais impuissant face aux œufs qui pourrissaient. J’ai alors décidé de me faire former en pâtisserie afin de faire entrer mes œufs dans la production des recettes pâtissières. Après des approches infructueuses vers Agapé Togo, la seule école pâtissière trouvée à l’époque, j’ai décidé de me tourner vers la boulangerie artisanale qui m’a offert d’autre champ d’exploitation.
Après 12 mois de formation (2013 – 2014), 18 mois de stage (2014 à mi 2016) et mes débuts d’activités en octobre 2016, j’ai commencé seul avec une capacité de production de 12Kg par jour. Mais aujourd’hui j’emploie deux personnes et nous sommes à une production moyenne de 100 Kg par jour.
- Ce parcours de 2016 à 2018, n’a pas été long fleuve calme. Quelles sont les difficultés auxquelles l’exercice de ce métier vous ont fait faire face.
J’ai connu plusieurs difficultés qui sont d’ordre moral, technique et matériel.
Sur le plan moral, le métier était selon les mentalités destiné aux femmes. Ainsi, il a fallu supporter les regards méprisants des uns et les moqueries des autres.
Sur le plan technique, l’apprentissage avait été très difficile parce que les habitudes ont changé, il faut se réveiller très tôt (plus souvent à 2h du matin) et travailler en moyenne 15h heures de temps par jour.
Sur le plan matériel, la mise sur pied de l’entreprise exigeait des équipements qui demandaient beaucoup de moyen.

- Comment êtes-vous parvenu à les surmonter ?
Afin de faire face à toutes ces difficultés, surtout techniques et financières, j’ai bénéficié de l’accompagnement du FAIEJ sur ces deux (2) aspects.
Sur l’aspect technique, le FAIEJ m’a offert des formations sur les techniques de création d’une entreprise. J’ai été donc été accompagné dans la rédaction de mon plan d’affaire puis été mis en relation avec l’Union Togolaise de Banque (UTB). J’ai ainsi acquis les outils nécessaires pour la gestion de la comptabilité.
De plus, le FAIEJ par l’une de ses formations, notamment celle en développement personnel m’a permis de me redécouvrir et au-delà des opportunités mentionnées plus haut, l’accompagnement du FAIEJ à travers la plateforme mensuelle, Jeudi j’ose, séances de discussions animées par des personnes avisées m’a permis de trouver des réponses à mes nombreuses interrogations.
Sur l’aspect financier, j’ai bénéficié d’un crédit via le FAIEJ, qui m’a permis de m’équiper et augmenter mes capacités de production. Un crédit que j’ai d’ailleurs soldé au cours de l’année 2018.
- Quelles sont donc vos perspectives pour l’avenir ?
Pour les années à venir, je compte équiper ma boulangerie d’un moulin et d’un four à gaz. Je compte également mettre sur le marché une gamme de pain et de biscuits sur lesquels je travaille actuellement. C’est pour cela que je tiens à remercier le FAEIJ qui ne ménage aucun effort pour nous venir en aide et son personnel qui se rend toujours disponible.
Tel un enfant qui apprend à marcher, l’entreprise Hansels Brot aura toujours besoin d’une mère qu’est le FAEIJ pour la guider et la soutenir. Alors moi et mon équipe comptons sur vous pour continuer l’aventure.